Une mutuelle santé créée par les médecins

Il fût un temps où les médecins ont été sans cesse pointés du doigt, notamment à cause des dépassements d’honoraires. Grâce au contrat d’accès aux soins (CAS), les dépassements ont toutefois été modérés. Le taux moyen est même passé de 56,9% en 2011 à 56,3% en 2013. Toujours est-il que les médecins sont toujours aussi nombreux à pratiquer des dépassements. Conscients de l’impact des dépassements auprès des ménages, mais aussi de leur utilité pour eux, des médecins ont alors imaginé fin 2012 la création d’une mutuelle santé, basée sur le principe du gagnant-gagnant. Il s’agit de « La médecine libre ».

Un principe gagnant-gagnant

Bien entendu, tout est parti du fait que les dépassements d’honoraires pèsent lourds au niveau des ménages, alors qu’ils représentent une certaine importance pour les médecins. Ces derniers ont alors trouvé la solution : proposer une mutuelle santé capable de bien prendre en charge les dépassements d’honoraires, afin que les ménages n’en souffrent plus, et ainsi permettre les médecins de continuer à en pratiquer. Mais tant qu’à faire, autant proposer également une mutuelle santé qui sera compétitive sur le marché, autrement dit une mutuelle proposant de bonnes garanties santé à prix raisonnable.

Les principaux avantages

On retrouve ainsi une mutuelle santé dont les tarifs seront moins chers. Pour maîtriser les tarifs, les fondateurs ont limité les frais de gestion de la mutuelle à 12%, là où les autres mutuelles traditionnelles pratiquent en moyenne 22%. La formule de base devient ainsi accessible pour une vingtaine d’euros par mois, et ouvre droit à une prise en charge du ticket modérateur, des médicaments remboursables, et de l’audioprothèse.

La formule haut de gamme est proposée à 120 euros par mois, avec des garanties santé en béton qui prendront en charge quasiment tous les dépassements d’honoraires en consultation. Ceux pratiqués par les chirurgiens et les anesthésistes seront même pris en charge à hauteur de 300% du tarif de convention. Cette formule garantit aussi que l’adhérent n’aura jamais à faire d’avances de frais. A noter que toutes les formules ne connaissent pas de délai d’attente.

A part cela, La médecine libre offre aussi des bonus de fidélité particulièrement attractifs, à travers des garanties santé qui évoluent avec le temps, au niveau des postes les plus couteux. En guise d’exemple, une couronne dentaire sera remboursée à hauteur de 500 euros la première année, un remboursement qui augmentera jusqu’à 2500 euros la cinquième année. Au niveau du poste optique, les lunettes seront également prises en charge à hauteur de 500 euros la première année, pour être remboursées jusqu’à 700 euros la cinquième année.

Place à la diversité

Jusque-là, La médecine libre est ouverte aux TNS ou aux travailleurs non-salariés, dont notamment les médecins libéraux. Mais dans le cadre de la loi ANI, il se trouve que tous les salariés du secteur privé devront être couverts par une mutuelle d’entreprise d’ici 2016. Aussi pour pouvoir figurer parmi les offres le moment venu, la mutuelle santé a aussi décidé de s’étendre aux collectivités début 2015.

Les mutuelles espèrent toujours une baisse des taxes

Aujourd’hui, le nombre de personnes amenées à renoncer aux soins, faute de moyens, ne cesse de croître. L’une des raisons causant ce renoncement est bien sûr le désengagement de l’Assurance maladie, accouplé aux coûts sans cesse en augmentation des soins et des dépenses de santé. Si les mutuelles représentaient (et représentent toujours) une aide particulièrement appréciable pour les assurés en les épaulant à travers leurs remboursements complémentaires, le gouvernement a pourtant plombé ces dernières en augmentant leurs taxes, fin 2012. Jusqu’à maintenant, les mutuelles espèrent toujours une baisse de cette taxe.

Un doublement de taxe menaçant l’accès aux soins et à la santé

En effet, depuis le doublement de la taxe spéciale sur les conventions d’assurances (TSCA), qui est ainsi passée de 3,5% à 7%, les prix des mutuelles ont volé. Dans ce temps, le gouvernement a espéré récolter jusqu’à plus d’un milliard d’euros à travers cette mesure, dans le cadre du plan de rigueur. Dans ce temps, les mutuelles avaient déjà prévenu qu’elles n’auraient guère d’autre choix que de répercuter cette hausse de taxe au niveau de leurs tarifs, et que cela affecterait énormément l’accès aux soins et à la santé. C’est justement ce qui s’est passé : entre 2010 et 2012, près d’un demi-million de gens ont abandonné leur couverture complémentaire santé, devenue trop chère pour eux.

La Mutualité Française demande un réajustement

Derrière ce doublement de la TSCA, l’augmentation est encore plus fulgurante puisque les taxes ont connu en tout et pour tout une très forte augmentation entre 2005 et 2012, allant de 1,75% à 13,27%. Face à cela, il est bien normal que de nombreux gens aient fini par abandonner leur couverture complémentaire santé. Mais il se trouve que depuis cette hausse, les mutuelles n’ont pas arrêté de lutter, afin que la population ne soit pas prise en otage, surtout dans un domaine assez délicat tel que la santé. Celles-ci ne demandent pas de remettre la TSCA à sa valeur initiale, elles demandent un ajustement qui ferait alors baisser la taxe de 7% à 5%. Le président de la Mutualité Française renforce aussi sa position pour la généralisation du Tiers Payant, ainsi qu’une réforme du code de la mutualité.

Les mutuelles sont poussées vers le banc de touche

Il y a près de deux ans de cela, les mutuelles ont pris un énorme coup de massue sur leur tête, notamment avec le doublement de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance ou TSCA. Actuellement, une autre menace est en train de peser sur leur tête, notamment celle des mutuelles à titre individuel. En effet, la loi ANI stipule que tous les salariés du secteur privé devraient être couverts par une mutuelle d’entreprise d’ici 2016.

Une solution face au renoncement aux soins, mais…

Lors du doublement de la TSCA passant ainsi de 3,5% à 7%, les mutuelles avaient déjà prévenu qu’elles n’auraient pas d’autre choix que de répercuter cette augmentation de taxes au niveau de leurs tarifs, ce qui pourraient nuire fortement à l’accès aux soins de la population. Et c’est justement ce qui s’est produit : entre 2010 et 2012, près d’un demi-million d’adhérents ont fini par abandonner leur complémentaire santé, faute de moyens. Depuis ce temps, les mutuelles n’ont pas cessé de demander un réajustement des taxes, au moins que la TSCA passe de 7% à 5%. Mais il semble que le gouvernement ait trouvé une toute autre solution.

En effet, avec la loi ANI, la couverture santé collective sera priorisée, afin que les assurés puissent bénéficier d’une aide pour le financement de leur complémentaire santé : la contribution patronale. Les mutuelles œuvrant à titre individuel se retrouvent ainsi au pied du mur. Elles devront notamment choisir entre fermer leur porte, ou fusionner avec d’autres grandes mutuelles afin de continuer à protéger leurs adhérents. A ce jour, des mutuelles telles que la Mutuelle Générale et la Malakoff Médéric, ou encore la SMIP et la SMAM Mutuelle, ont déjà annoncé leur projet de fusionner. Dans tous les cas, l’effectif des mutuelles pourrait donc bien être réduit de moitié…